Energie et ressource : La gratuité de l'eau

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La gratuité est révolutionnaire : Paul Ariès

https://www.youtube.com/watch?v=StpVoyG32U0

L’eau
Le premier grand combat : la gratuité de l'eau élémentaire ou le combat pour défendre l'accès à l'eau potable qui correspond à l'un des grands enjeux planétaires. C'est au tour de la question de l'eau que la question des biens communs a été reposée notamment en Amérique du Sud, en Asie mais aussi en Afrique. Des milliers de ville expérimentent aujourd'hui dans le monde la gratuité de l'eau vitale ou plutôt la gratuité de l’eau élémentaire car il faut éviter d’enfermer la gratuité dans le vital et dans la survie. Chacun aurait le droit, comme le préconise l'organisation mondiale de la santé et du programme des Nations Unies pour le développement, pour couvrir ses besoins journaliers de 40 à 50 litres d'eau gratuite par jour. Le programme des Nations Unies estime la dose de survie à 20 litres L'académie internationale de l'eau donne ses propres chiffres 100 litres d'eau nécessaire par jour et par personne, 150 litres pour un ménage de deux personnes, 180 litres pour trois personnes, 200 litres pour quatre personnes. Cette gratuité s’étend naturellement à celle des abonnements. Pour rappel l'eau a d'abord été gratuite de l'antiquité au début du 20e siècle et le passage à l'eau payante s'est fait autour du fameux slogan « eau courante à tous les étages » c’est-à-dire sous prétexte de modernisation. L'eau a bien sûr un coût car il faut la prélever la traiter la stocker la distribuer l'évacuer l'assainir : 99% de la population européenne est connecté aujourd'hui à des réseaux d'alimentation en eau et 81% à des réseaux d'assainissement.
Le problème aujourd'hui est double sur cette ressource :
• tout d’abord l'augmentation constante du prix de l'eau malgré sa privatisation
• Gaspillage de plus en plus important avec un tiers de l'eau est perdu dans les canalisations.
Le but n’est pas de rendre gratuit toute l’eau mais de proposer un nouveau paradigme à savoir la gratuité du bon usage face au renchérissement du mésusage. En effet pourquoi payer le même prix l’eau qui sert à la vie quotidienne et celle qui sert à remplir sa piscine privée.
Une centaine de villes ont mis par exemple en France en pratique ce système de gratuité pour les premiers mᵌ avec ensuite une tarification progressive au-delà. Cette gratuité ne concerne que la résidence principale et non pas les résidences secondaires. La règle la plus commune dans ces villes : c'est trente mètres cubes gratuit par an puis un tarif dit responsable jusqu'à 120 mètres cubes puis un autre tarif au-delà.
Et la première grande conséquence de la gratuité de l'eau élémentaire c'est que la consommation d'eau baisse systématiquement non pas parce que les gens adhéraient à des grandes valeurs notamment écologiques mais parce qu'ils font davantage attention pour ne pas accéder aux tranches payantes supérieures et c'est également parce que cette gratuité s'accompagne toujours de politique pour changer les usages que l’on va réduire les pertes à tous les niveaux. Il faut donc expliquer aux gens comment différencier les usages (l’eau pour faire son jardin n’est pas égal à l’eau nécessaire pour prendre sa douche) on fait des usagers des acteurs du changement.
Un des problèmes rencontrés et qui implique la modification de la réglementation est qu’aujourd’hui l’eau ne peut être utilisé qu’une seule fois. La gratuité c'est la condition pour repenser la production de l'eau, c'est le pari de la production locale de l'eau il va falloir en effet apprendre à recycler l’eau, à différencier ce qu’on appelle l’eau grise Les eaux grises sont des eaux usées domestiques faiblement polluées (par exemple eau d’évacuation d'une douche ou d'un lavabo) des urines qui doivent être collectées à part pour servir par exemple d’engrais.
Les pays du sud sont beaucoup plus en avance que les pays européens en matière de gratuité de l'eau. Le droit à l'eau est reconnu en Afrique du Sud en Colombie en Equateur en Gambie en Ouganda au Panama en Uruguay, etc... Un exemple, en Afrique du Sud c’est 25 litres d'eau gratuites par jour et par personne et dans les pays du sud on peut faire le même constat : la gratuité n'a pas provoqué un gaspillage, bien au contraire. Quand on parle de politique d’accompagnement il faut citer la ville de Roquevaire à côté de Marseille qui a par exemple embaucher du personnel municipal dédié pour l'économie de l'eau qui a distribué des kits d'économies avec des régulateurs de débit avec des joints avec des notices de montage. L’Irlande vient de voter le retour à la gratuité de l'eau après une manifestation monstre à Dublin.
Il faut donc avec la gratuité en profiter pour repenser tout un système. Lutter contre le mésusage implique de tarifer certains types d’usage comme le font les pompiers pour certains types d’intervention. Cela signifie d’introduire un prix ce qui correspond au moyen le plus naturel de faire des arbitrages.
La collectivité au travers de l’impôt paye le coût du traitement de l’eau. La gratuité ce n’est pas Le service (Traitement de l’eau) débarrassé du coût mais du prix. Par exemple l’école publique et gratuite mais elle est bien financée par l’impôt. Il s’agit d’une gratuité économiquement et culturellement construite.
Ce droit à l’eau qui est recommandée par l’OMS sera financé par les plus gros consommateurs.
Aujourd’hui on sait que les grandes firmes qui ont la gestion de l’eau ne prêtent pas beaucoup d’intérêt au gaspillage, 30 à 40 % de l’eau qui circulent dans les canalisations est perdue, puisque c’est le consommateur qui paye.
Il est impératif d’avoir une meilleure utilisation de la ressource en différenciant les différents usages de l’eau et en l’accompagneront d’une politique adaptée. Cela permet de rentrer dans une transition écologique profitable au plus grand nombre.
L’eau et les toilettes publiques
La gratuité de l'eau a également un volet qui est celui de la gratuité des toilettes publiques avec la reconnaissance de ce qu'on pourrait appeler « endroits de miction ». Le conseil de paris a voté le 15 février 2006 le retour à la gratuité des sanisettes payante, 80% de la population française et 70% de la population européenne y est favorable. Cette gratuité des toilettes publiques a permis d'augmenter la fréquentation qui a triplé mais a permis de repenser ses toilettes qui sont désormais ouvertes 24h sur 24 qui utilise les matériaux recyclables qui recycle l'eau de pluie. Avec cette augmentation de la fréquentation on a tout de même constaté 30% d'économie de l'eau. On a de plus généraliser l'accessibilité aux personnes en fauteuil roulant et les toilettes chauffés en hiver.
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